Vendredi 28 avril 2006 5 28 /04 /Avr /2006 01:57
Chaque 21 avril, les Grecs se rappellent que ce jour-là, en 1967, une bande de militaires d’extrême droite s’emparait du pouvoir, pour le garder pendant sept sinistres années de répression et de tortures, avec le soutien actif des États-Unis. Si, après la chute de la junte, les fascistes furent réduits à l’état de groupuscules, les choses ont changé ces dernières années, tant par les actions de bandes comme Chryssi Avgi (« Aube dorée »), qui viennent encore de poignarder des étudiants à Athènes, que par l’audience du groupe Laos, autour d’un caudillo local, Karatzaferis, crédité de 4% des voix. Le contexte qui renforce ces courants est l’existence d’un fort racisme tourné contre les immigrés albanais ou des pays de l’Est. Récemment encore, un jeune Albanais de 17 ans a été tué dans l’île de Crète, le crime étant relativisé par le fait que le tueur était ivre... et donc pas raciste ! À cette occasion, comme en d’autres, c’est autour de la seule gauche radicale que s’est manifestée la solidarité.
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Vendredi 28 avril 2006 5 28 /04 /Avr /2006 01:57
Comme chaque année, le 24 avril, plusieurs rassemblements se sont tenus pour commémorer le génocide des Arméniens de 1915. Dans un climat tendu par le négationnisme de l’État turc, doublé d’un contexte de précampagne électorale en France, toutes les tendances politiques se sont exprimées à Paris : de De Villiers au PCF, en passant par Hollande. Les interventions enflammées ont rappelé la nécessité de lutter encore pour la reconnaissance de ce premier génocide du xxe siècle, devant une assemblée de Français d’ascendance arménienne que l’on qualifie trop vite de « communauté ». Des prises de position à l’emporte-pièce contre l’entrée de la Turquie dans l’Europe, dans ce contexte plutôt passionné, ont été malheureusement bien accueillies.
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Vendredi 28 avril 2006 5 28 /04 /Avr /2006 01:56
Le maire UMP de Montfermeil (Seine-Saint-Denis), Xavier Lemoine, transfuge du MPF de De Villiers, a pris un arrêté interdisant aux mineurs de quinze à dix-huit ans de circuler à plus de trois dans les rues du centre-ville, sous peine d’une amende de 38 euros. Le même maire s’en prend, dans son journal municipal, aux anti-CPE, qualifiés de « cerveaux peu éduqués ». La chasse aux voix de l’extrême droite, en prévision des municipales, a commencé dans l’une des communes les plus pauvres de la Seine-Saint-Denis.
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Vendredi 28 avril 2006 5 28 /04 /Avr /2006 01:56

Les habitants du 35 bis, rue Dunois, dans le 13e arrondissement de Paris, ont été expulsés, jeudi 20 avril. De 8 h à 18 h, une quarantaine de policiers casqués, matraque à la main, ont été déployés pour protéger les intérêts privés d’un propriétaire véreux. La police prétendait agir sur ordre de la mairie (PS), celle-ci explique aujourd’hui ne pas avoir été prévenue de l’expulsion...

Cet immeuble récent et sain est un bel exemple de spéculation immobilière : aucun entretien ne fut effectué par les propriétaires successifs, l’un d’eux ayant même réussi à obtenir qu’EDF coupe l’électricité pour faire fuir les habitants !

Un comité de soutien existe depuis plusieurs mois pour obtenir un relogement des locataires actuels. L’association ESH-Abbé Pierre a proposé de payer les travaux pour le rétablissement de l’électricité : cette proposition n’a reçu aucun soutien, ni de la mairie, ni d’EDF.

Aujourd’hui, les habitants, dont plusieurs familles avec enfants, sont toujours à la rue : seule une partie s’est vue proposer des relogements, de courte durée, et souvent très éloignés. Environ 25 personnes, dont une dizaine d’enfants, campent dans le square en face de l’immeuble (muré et gardé par des vigiles), afin d’obtenir un relogement. D’autres sont éparpillées dans des hébergements précaires. Plusieurs habitants sans papiers ont aussi été arrêtés (puis relâchés). Samedi 22 avril, une première manifestation d’une centaine de personnes a eu lieu en direction la mairie pour réclamer un relogement décent et pérenne pour l’ensemble des habitants.

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Vendredi 28 avril 2006 5 28 /04 /Avr /2006 01:55

« Si certains n’aiment pas la France qu’ils ne se gênent pas pour la quitter. » Quand Sarkozy veut imiter de Villiers, qui lui-même veut imiter Le Pen, cela fait froid dans le dos. On se souvient encore du slogan du marquis vendéen : « La France, tu l’aimes ou tu la quittes. » À la veille de la campagne présidentielle, le poison raciste et sécuritaire resurgit.

Dans cette course à l’infamie, c’est aujourd’hui de Villiers qui obtient la palme, avec la sortie d’un livre qui se veut être un scoop, en prétendant révéler la présence de « terroristes islamistes » à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle. Sur la base de fiches de police qu’il dit détenir, mais sans apporter aucune preuve, le chef du Mouvement pour la France a découvert des dizaines de mosquées clandestines dans les sous-sols de l’aéroport. Mais il va plus loin dans son délire en dénonçant la présence, parmi le personnel, de dizaines de salariés musulmans qui seraient tous suspectés de « terrorisme ».

Sans l’ombre d’un scrupule, de Villiers se permet d’accuser tous les travailleurs immigrés de Roissy d’être des terroristes en puissance. De là à accuser tous les musulmans, il n’y a qu’un pas que notre chouan vient de franchir sur Europe 1 : « Je pense qu’il y a des musulmans modérés, c’est même l’immense majorité, mais je ne crois pas qu’il y ait un islam modéré. Je crois que l’islam n’est pas compatible avec la République. » En tout cas, de Villiers, Le Pen et le fascisme sont, eux, très compatibles.

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Vendredi 21 avril 2006 5 21 /04 /Avr /2006 21:07
IMMIGRATION
Manifester contre le projet Ceseda
Le projet de loi Sarkozy de réforme du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (Ceseda) est examiné à l’Assemblée nationale du 2 au 5 mai. La mobilisation s’intensifie, particulièrement du 29 avril au 1er mai. En attendant la manifestation nationale du 13 mai.

Enfin, la relation directe entre le projet Ceseda sur l’immigration et l’ensemble des mesures libérales de généralisation de la précarité s’impose comme une évidence. Au-delà du contrat première embauche (CPE), du contrat nouvelles embauches (CNE) et de la loi sur l’égalité des chances, la coordination nationale unitaire, réunie à Lyon le 9 avril, dénonce tous « les projets allant dans le sens d’une accentuation de la précarité et, notamment, le projet de loi Ceseda qui considère les immigrés comme des êtres humains jetables ». Le grand succès du concert du 2 avril contre le Ceseda, qui a réuni sur la place de la République plusieurs dizaines de milliers de personnes, s’explique en partie par le contexte de mobilisation exceptionnelle de la jeunesse et des salariés contre le gouvernement. Le rapport est vite établi entre le travail jetable et l’immigration jetable.

Dans le mouvement syndical, cette prise de conscience atteint même des secteurs peu habitués à un engagement sur le terrain de l’immigration. Ainsi, la confédération FO dénonce « la logique de précarisation qui prédomine dans ce projet », lequel « aboutit à considérer les travailleurs migrants comme une marchandise ». La CFDT et l’Unsa ont également signé un communiqué commun avec la CGT dénonçant le projet Ceseda. Fait significatif : le PS, jusqu’ici très hésitant, a finalement annoncé, début avril, qu’il rejoignait le collectif Uni-e-s contre une immigration jetable, comme l’avaient fait avant lui quelques fédérations et le MJS. De là à mobiliser pour de bon et à remettre explicitement en cause toute logique de « quotas »...

La peur d’un lien noué entre la jeunesse en lutte et les immigrés a conduit le gouvernement à évacuer sans ménagement l’ancien local du Service social d’aide aux étrangers (SSAE) occupé par des collectifs de sans-papiers dans le 13e arrondissement de Paris. La police a opéré en plein milieu des vacances scolaires de la région parisienne et en a profité pour rafler plusieurs dizaines de sans-papiers.

Le projet Ceseda est porté par tout le gouvernement, mais Sarkozy veut sa victoire et prétend démontrer que sa méthode est la bonne. À nous de le démentir. Son projet de loi doit se heurter à une mobilisation à la hauteur de l’enjeu et de l’éveil des consciences produit par les mobilisations contre la précarité. Pas une signature ne doit manquer à la pétition du collectif1. Chaque ville doit avoir son collectif unitaire local. Le 29 avril, les manifestations à Paris et dans quelques villes de province doivent être une réussite. Les défilés du 1er Mai doivent faire résonner partout le rejet de cette entreprise de précarisation de la société qui veut son immigration jetable.

1. À signer en ligne : http://www.contreimmigrationjetable.org

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Vendredi 21 avril 2006 5 21 /04 /Avr /2006 21:06
EXTRêME DROITE
Manœuvres


Pour le Front national, le contrat première embauche (CPE) était une « mesure de détail » qui ne « mérite ni le torrent de critique dont il est l’objet de la part de l’opposition de gauche, ni l’excès de félicitations qu’il suscite dans la majorité ». Les vrais problèmes étant, sans surprise, l’immigration et la mondialisation. Cette position officielle du parti d’extrême droite était initialement pondérée par l’appréciation de Jean-Marie Le Pen : « Reconnaissons à cette mesure le mérite de l’innovation, essayons ! »

À y regarder de plus près, le CPE n’était pas l’essentiel : il fallait se positionner contre les blocages dans les universités - les opérations coup-de-poing conduites par le FNJ, les 14 et 16 mars, en témoignent -, surfer sur les mécontentements marginaux provoqués par les actions du mouvement anti-CPE, critiquer le manque de fermeté du ministre de l’Intérieur lors des manifestations, dénoncer les reculs de Chirac et de la droite gouvernementale sur cet article de la loi sur l’égalité des chances et tirer à boulets rouges sur « les grèves politiques illégales ».

Sur le CPE proprement dit, ­Philippe de Villiers, président du Mouvement pour la France (MPF), déclare le 1er février sur Canal+ : « Il vaut mieux un emploi précaire que pas d’emploi du tout. » Les déclarations et communiqués du MPF ciblent les débordements liés aux manifestations anti-CPE, le blocage des universités, la mollesse de Nicolas Sarkozy (aucune attaque sur Villepin) et rendent « hommage aux nombreux policiers et gendarmes blessés depuis le début des violences ».

Après le retrait du CPE, la crise s’est approfondie au sein de la droite gouvernementale. Cette crise éclaire la proposition de Jean-Marie Le Pen d’une « coalition à la droite de la droite » pour les législatives de 2007. Pour le FN comme pour le MPF, il s’agit de « garder la main » pour capter la frange la plus réactionnaire de l’électorat de droite et, ainsi, à un an de l’élection présidentielle, de gagner l’hégémonie à la droite de la droite.

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Vendredi 21 avril 2006 5 21 /04 /Avr /2006 21:05
Un an après le tragique incendie de l’hôtel Paris-Opéra, les rescapés ont organisé une commémoration à la mémoire des 25 victimes. Force est de constater que, malgré les promesses faites par les pouvoirs publics sous le coup de l’émotion, la situation des familles logées en hôtel ne cesse de s’aggraver. Le Comité d’action logement (CAL) dénonce le fait que « les hôtels sont devenus des zones de non-droit, où les locataires sont à la merci du bon vouloir du gérant et de la réglementation » et « l’utilisation des hôtels de tourisme ou des hôtels meublés pour y entasser les familles mal logées ou à la rue, “faute de mieux”, comme tentent de se justifier les responsables de cette situation » qui ne saurait « servir de substitut à une véritable politique du logement ».
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Jeudi 6 avril 2006 4 06 /04 /Avr /2006 17:14
Dimanche 2 avril, s’est tenu un rassemblement concert, place de la République à Paris, contre le projet de refonte du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (Ceseda), qui vise à modifier de façon radicale les conditions de l’immigration en France. Cette initiative, préparée par le collectif Uni(e)s contre une immigration jetable, a été un réel succès ; plus de 30 000 personnes sont passées à la République, ont assisté au concert et discuté dans le village des associations installé sur la place même. Un plateau d’artistes solidaires, d’une exceptionnelle qualité, a été réuni pour l’occasion et a été un élément décisif du succès. Évidemment, cela n’a été possible que parce que les mobilisations contre le CPE ont libéré des énergies, permis au collectif unitaire de s’adresser à des milliers et des milliers de manifestants, d’alerter sur le projet scélérat du gouvernement. Ce dernier, empêtré qu’il est dans la crise du CPE, est tenté de faire passer son projet de loi rapidement. Il doit théoriquement être débattu à l’Assemblée nationale en première lecture les 3, 4 et 5 mai. Le collectif national appelle à des manifestations durant le week-end du 29, 30 avril et 1er mai partout en France, à l’intérieur ou à l’extérieur des cortèges syndicaux, pour exiger le retrait du projet de loi présenté par Sarkozy. Une montée nationale est prévue courant mai en fonction du calendrier des débats.
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Jeudi 6 avril 2006 4 06 /04 /Avr /2006 17:14
Le procès du meurtrier de Sohane et de son complice a commencé le vendredi 31 mars. Le 4 octobre 2002, à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), un jeune homme de 18 ans arrosait d’essence Sohane Benziane, 17 ans, avant d’y mettre le feu. Sohane mourait brûlée vive. Le jeune est accusé d’« acte de torture et de barbarie ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». Il affirme qu’il ne voulait que lui faire peur et non la tuer. C’est la défense de tous les hommes dont la violence envers les femmes finissent par entraîner la mort. Ce crime s’est passé en banlieue, d’autres drames se passent ailleurs. Il y a des « tournantes » à la sortie des villages. En France, une femme meurt tous les quatre jours sous les coups de son mari, dans tous les milieux. Les crimes dits passionnels bénéficient d’indulgence. Ailleurs, on condamne des femmes à la lapidation. Au Moyen Âge, on brûlait les femmes qu’on appelait sorcières si elles passaient outre les lois de la religion et celles des hommes. Les religions sont d’ailleurs toujours venues à l’appui de la domination masculine et sont d’excellentes alliées de l’exploitation capitaliste qui favorise la division entre hommes et femmes pour mieux les exploiter. Les mafias et gouvernements osent justifier ce rôle, dévolu aux femmes, d’objets de consommation en organisant la prostitution pour la prochaine Coupe du Monde de football en Allemagne ! Sohane ne l’a pas choisi, mais elle est devenue un symbole des luttes contre la régression du droit des femmes, malgré les acquis résultant des luttes féministes des années 1970.
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